Le Corail : un Animal Extraordinaire

Ils vivent seuls ou en colonies, construisent de véritables villes, avec des formes, des couleurs différentes. Il en existe à toutes les profondeurs de quelques centimètres à 7000 mètres ! On les classe en 4 grandes familles (Le Corallium ou coraux rouges – 25 espèces ; 1300 espèces de coraux durs – Paracorallium ; 235 espèces de coraux noirs – Antipatharia et les Hélioporas).

Individuellement, cet animal est un polype (famille dans laquelle nous trouvons aussi les pieuvres et les méduses !). Rond, leur bouche est entourée de tentacules dotés de cellules urticantes, les nématocystes. Ce sont des armes redoutables, à l’échelle planctonique !

Il y a les coraux durs – corail hermatypique, qui construisent un squelette, et les coraux mous – corail ahermatypique.

Quand on parle corail dur, on doit évoquer son principal associé ! Une algue : la zooxanthelle. Le polype et l’algue ont une relation symbiotique pour réaliser la photosynthèse avec la lumière du soleil. Le corail secrète, par une couche de peau (Calicoblaste) le carbonate de calcium qui constitue son squelette, l’aragonite. L’aragonite se compose de carbonate de calcium, de strontium et de magnésium. L’orifice dans lequel vit le polype s’appelle le Septe. La forme et la dentelure du Septe varie en fonction des espèces.

Les 200 espèces de coraux mous n’ont pas de zooxanthelle. Ce sont les coraux les mieux adaptés et répartis, puisqu’on en trouve même dans les eaux froides des pôles, loin de la lumière du soleil et à des profondeurs importantes.

Tioman Lovers invite ses plongeurs à respecter les règles suivantes : Sous l’eau, je ne laisse que des bulles, je ne prends que des photos, je ne touche que mon équipement. Je ne fume pas en mer et n’y jette rien. Je récolte les déchets trouvés.

Nudibranches : Joyaux des Récifs

hypselodoris Bleue

Ce n’est pas un hasard si les nudibranches sont aussi appelés Joyaux des Récifs. Proches parents des limaces et privés de coquille protectrice, ces gastéropodes disposent de systèmes de défense sophistiqués. D’ailleurs, leur livrée « aposématique » (riche en couleur) est un avertissement à leurs potentiels prédateurs. De formes variées et de couleurs inégalées, tous les nudibranches ont en commun un pied musculaire pour se déplacer, une langue très abrasive (la radula), une paire de tentacules sensoriels sur la tête (les rhinophores) et pour presque tous, un appareil respiratoire externe sur la face dorsale, complètement exposé. La taille des nudibranches est variable : de quelques millimètres à plus de 30 centimètres (les plus gros sont les Hexabranchus).

Ce sont des mollusques prédateurs et carnivores. L’arme de défense contre leurs ennemis est la sécrétion de toxines et d’acides. Certains absorbent les substances toxiques produites par leurs proies habituelles (hydroïdes ou anémones de mer) pour les transformer en armes défensives. Leurs pires ennemis appartiennent à la même famille, car beaucoup sont « cannibales ».

Ces petites merveilles présentent des organes sexuels masculins et féminins. Ils sont hermaphrodites et peuvent s’accoupler avec n’importe quel individu de leur espèce. Leurs œufs sont posés en de délicates guirlandes multicolores qui font penser à des fleurs.

On observe les nudibranches dans la journée, plus particulièrement dans les zones récifales riches en éponges. C’est dans la zone Indo-Pacifique qu’il y en a le plus, et Tioman Island est particulièrement gâtée.

Le requin pointes noires de récif

Le nom scientifique du requin pointes noires est : Carcharhinus melanopterus. Il fait partie de la famille : Carcharhinidae. Sa taille est au maximum de 1,80 mètre. Son signe particulier : les pointes noires de ses nageoires dorsales et pectorales. Son habitat de prédilection : les zones peu profondes des récifs dans l’Océan Indien et l’Océan Pacifique.

Timide et capricieux, c’est un petit requin difficile à approcher. Vif, il se déplace dans les eaux peu profondes aux abords et sur les récifs coralliens. Il ne rechigne pas à pénétrer dans les estuaires des rivières et les eaux saumâtres.

Son régime alimentaire est varié : céphalopodes, crustacés, serpents de mer, petits oiseaux marins, poissons des récifs.

Vivipare, et ne se reproduisant que tous les 1 à 2 ans, le requin pointes noires a une gestation de 7 à 16 mois pour 2 à 5 jeunes. Les nouveaux nés et juvéniles vivent en groupes dans les eaux peu profondes des estuaires et zones inondables, des baies protégées ou des mangroves.

Ce requin est pêché pour sa viande, ses ailerons et son huile de foie, mais n’est pas considéré comme une espèce commercialement importante. L’espèce est malheureusement quasi menacée. La surpêche de ce requin et son rythme de reproduction lent a conduit à son déclin, voir à sa disparition, dans une grande partie de ses zones d’habitation.

Heureusement, à Tioman Island, il est protégé, et il n’est pas rare de les observer. Un site est particulièrement connu pour les observer : Renggis. Ce petit îlot, dans la baie de Tekek, est habité par une dizaine de ces magnifiques poissons.

A Pulau Renggis, Tioman, Malaisie

Tioman Island et les îles environnantes sont déclarées parc marin national depuis le milieu des années 80. Les activités et la pêche y sont contrôlés dans la limite des 2 nautiques (environ 3.8 kilomètres) des côtes. Grâce à cette initiative, la vie sous-marine se développe librement, et Tioman Island est l’un des rares endroits au monde ou le récif coralien se porte de mieux en mieux. Nous, Tiomanlovers, adhérons et participons à cette initiative.

Protégez les Coraux

Protéger les récifs, c’est l’affaire de tous.

Pour ce faire, il faut étudier l’étendue des dégâts, en mettant en évidence la cause des dommages à chaque endroit identifié. Des moyens de surveillance sérieux avec l’appui de décisions politiques locales et nationales doivent être mis en place pour y parvenir.

Cela implique des efforts d’éducation dès le plus jeune âge. Une réflexion réelle doit être faite avant tout investissement ou construction ainsi qu’une implication importante des communautés locales dans les décisions. Il faut aussi conserver des zones de pêche pour les locaux. Les bénéfices d’une telle politique, à moyen et long terme, doivent être mis en évidence.

Les structures (restaurants, hôtels, habitations) établies en bord de plage ou de rivière rejettent directement leurs eaux usées, chargées de détergents, qui finissent sur les récifs. Les ingrédients de ces cocktails chimiques sont extrêmement néfastes pour les coraux. Les lessives, savons et shampoings réveillent les virus endormis dans la structure même du corail. Les crèmes solaires sont elles aussi responsables d’une pollution importante des coraux. Il existe depuis des produits qui n’affectent pas les coraux. Ils sont faciles à trouver sur internet, comme, par exemple, la marque Mlle Agathe.

Enfin, trop d’ancres sont encore jetées sur les récifs, et comble de l’absurde,  par des bateaux de plongeurs venus pour observer la faune et la flore marine ! Aujourd’hui, de nombreux systèmes ne détruisant pas les fonds marins et permettant des mouillages sûrs et efficaces existent (comme les systèmes distribués par ABC DIVING). Ils s’adaptent à différents type de fonds qu’ils soient sablonneux ou rocheux.

Non, il n’y a pas que le réchauffement climatique qui tue les coraux. Nous pourrions aussi y ajouter les filets de pêches abandonnés, les plastiques, la pêche à la nasse, à la dynamite et au cyanure… Ces sujets ont été évoqués dans l’un de nos précédent article.

Éviter de nager et de rester de long moments au-dessus des coraux : plongeurs et nageurs sont concernés, il vaut mieux rester en périphérie du récif. Ne pas toucher, c’est évident, certes, mais surtout, ne pas marcher sur les récifs, que vous soyez palmés ou non ! Leur structure ne supporte pas notre poids et les polypes se retrouvent écrasés.

Si tous ensembles nous nous y mettons, nous pouvons freiner sérieusement la destruction globale de nos océans. Chaque action compte !

Récifs de corail cornes de cerf

Tioman Lovers invite ses plongeurs à respecter les règles suivantes : Sous l’eau, je ne laisse que des bulles, je ne prends que des photos, je ne touche que mon équipement. Je ne fume pas en mer et n’y jette rien. Je récolte les déchets trouvés.

Peut-on sauver les coraux ?

Si ce n’est par des catastrophes naturelles (tsunamis, tempêtes), les coraux sont principalement abimés par l’activité humaine : la pêche, les rejets chimiques et de dérivés du pétrole, les déchets, le tourisme et le réchauffement climatique.

Sans une participation générale, se lancer dans un projet de restauration ne rime à rien. Mais ensemble, tout est possible !

C’est avec les autorités et les acteurs de l’économie locale que tout doit commencer. Une fois ces soutiens obtenus, un bon projet doit prendre en compte les données de base tels que la température de l’eau, son PH, les courants. Trouve-t-on les matériaux de travail de base (calcite, aragonite, coraux cassés mais vivants etc…) pour pouvoir lancer une telle opération ! Si tous les critères sont réunis, la réhabilitation d’un récif a toutes les chances du succès.

C’est la mission que se sont donnés Tioman Lovers et Ocean Quest. Rejoignez-nous, devenez coral propagator ou soumettez nous votre projet.

Nous sommes présents au 22ème Salon de la Plongée, qui se tient Porte de Versailles à Paris, du 10 au 13 janvier 2020, sur le stand D14B.

Tioman Lovers invite ses plongeurs à respecter les règles suivantes : Sous l’eau, je ne laisse que des bulles, je ne prends que des photos, je ne touche que mon équipement. Je ne fume pas en mer et n’y jette rien. Je récolte les déchets trouvés.

Les Coraux en Danger

Construisant les plus grands édifices de la planète, les coraux font face à de nombreux périls : le réchauffement climatique, combiné à la pollution humaine détruisent ces habitats naturels importants. Avec nos cocktails de produits chimiques, nous modifions l’acidité (le PH) et la composition de l’élément marin. Des maladies envahissent les structures coralliennes et brisent les édifices.

Récif coralien
Récif en parfaite santé. Ici des acroporas et pachyseris.

La surpêche et la disparition des partenaires (poissons, vers, tortues, arthropodes) et associés (algues) dans le milieu marin ont un impact non négligeable dans l’extinction des coraux : en propageant des virus, et permettant aux algues parasites de couvrir les récifs. D’autres méthodes de pêche, les dragues et autres herses détruisent en masse des colonies entière dans nos mers tempérées. Les fonds marins sont ravagés, et aucune espèce n’y échappe !

Dans les régions tropicales, la pêche à la dynamite (voir la vidéo en bas de cet article) et au cyanure est particulièrement destructrice. C’est cette pêche qui alimente les aquariums publics et privés. Ces méthodes devraient être strictement interdites et sévèrement punies aux vues des dégâts qu’elles infligent dans toute l’Asie du Sud Est et dans l’Est de l’Afrique.

Le tourisme est aussi très agressif pour les coraux, et notamment le tourisme de masse, tel qu’on a pu le voir aux Philippines, en Indonésie, mais aussi dans l’Océan Indien (Maldives, île Maurice, Mayotte…), Caraïbe, golfe du Mexique. Dans tous ces pays, on détruit des récifs entiers pour construire des complexes hôteliers… Les opérateurs ont peu de scrupules, laissant les touristes casser, collecter et polluer les coraux.

L’industrie pétrolière participe aussi activement à cette destruction, en forant sur des fonds coraliens pour la production et pour leurs recherches. Cette industrie pose aussi un grand danger en cas d’accident, comme nous l’avons vu lors de l’explosion de DeepWater Horizon en 2010.

A cela s’ajoute un phénomène naturel : les acanthasters. C’est une espèce d’étoile de mer géante, de l’ordre des valvatida. Elle raffole des coraux durs et s’est propagée comme une trainée de poudre sur tous les récifs d’indopacifique. Large de 80cm pour les plus grosses et pouvant peser plusieurs kilogrammes, elle ingurgite les polypes des coraux durs. Il est très difficile de s’en débarrasser, et sont présentes sur les coraux depuis toujours. Combiné au réchauffement climatique, à la pollution et aux dégâts touristiques, elle participe à la disparition des coraux, et ne tiens plus son rôle de prédation classique.

Acanthaster Planci
L’acanthaster est un monstre dévoreur de coraux. Lorsqu’ils sont en trop grand nombre, il faut malheureusement les éliminer.

Aujourd’hui, nous nous devons d’agir en urgence pour donner une chance aux générations futures de profiter d’océans sains et productifs. C’est l’objectif d’Ocean Quest Global et de Tioman Lovers. Plongeurs et non plongeurs peuvent y participer. Nul besoin d’être scientifique ou biologiste.

Les gouvernements et industriels doivent aussi s’investir dans ces programmes. Peu couteux et avec une vision à long terme, le programme Ocean Quest Global permet d’éduquer les populations locales (pour continuer de profiter des ressources que les récifs coralliens leur donnent) et de restaurer ces trésors de la nature.

Pêche à la dynamite

Tioman Island et les îles environnantes sont déclarées parc marin national depuis le milieu des années 80. Les activités et la pêche y sont contrôlés dans la limite des 2 nautiques (environ 3.8 kilomètres) des côtes. Grâce à cette initiative, la vie sous-marine se développe librement, et Tioman Island est l’un des rares endroits au monde ou le récif coralien se porte de mieux en mieux. Nous, Tiomanlovers, adhérons et participons à cette initiative.