Les Coraux en Danger

Construisant les plus grands édifices de la planète, les coraux font face à de nombreux périls : le réchauffement climatique, combiné à la pollution humaine détruisent ces habitats naturels importants. Avec nos cocktails de produits chimiques, nous modifions l’acidité (le PH) et la composition de l’élément marin. Des maladies envahissent les structures coralliennes et brisent les édifices.

Récif coralien
Récif en parfaite santé. Ici des acroporas et pachyseris.

La surpêche et la disparition des partenaires (poissons, vers, tortues, arthropodes) et associés (algues) dans le milieu marin ont un impact non négligeable dans l’extinction des coraux : en propageant des virus, et permettant aux algues parasites de couvrir les récifs. D’autres méthodes de pêche, les dragues et autres herses détruisent en masse des colonies entière dans nos mers tempérées. Les fonds marins sont ravagés, et aucune espèce n’y échappe !

Dans les régions tropicales, la pêche à la dynamite (voir la vidéo en bas de cet article) et au cyanure est particulièrement destructrice. C’est cette pêche qui alimente les aquariums publics et privés. Ces méthodes devraient être strictement interdites et sévèrement punies aux vues des dégâts qu’elles infligent dans toute l’Asie du Sud Est et dans l’Est de l’Afrique.

Le tourisme est aussi très agressif pour les coraux, et notamment le tourisme de masse, tel qu’on a pu le voir aux Philippines, en Indonésie, mais aussi dans l’Océan Indien (Maldives, île Maurice, Mayotte…), Caraïbe, golfe du Mexique. Dans tous ces pays, on détruit des récifs entiers pour construire des complexes hôteliers… Les opérateurs ont peu de scrupules, laissant les touristes casser, collecter et polluer les coraux.

L’industrie pétrolière participe aussi activement à cette destruction, en forant sur des fonds coraliens pour la production et pour leurs recherches. Cette industrie pose aussi un grand danger en cas d’accident, comme nous l’avons vu lors de l’explosion de DeepWater Horizon en 2010.

A cela s’ajoute un phénomène naturel : les acanthasters. C’est une espèce d’étoile de mer géante, de l’ordre des valvatida. Elle raffole des coraux durs et s’est propagée comme une trainée de poudre sur tous les récifs d’indopacifique. Large de 80cm pour les plus grosses et pouvant peser plusieurs kilogrammes, elle ingurgite les polypes des coraux durs. Il est très difficile de s’en débarrasser, et sont présentes sur les coraux depuis toujours. Combiné au réchauffement climatique, à la pollution et aux dégâts touristiques, elle participe à la disparition des coraux, et ne tiens plus son rôle de prédation classique.

Acanthaster Planci
L’acanthaster est un monstre dévoreur de coraux. Lorsqu’ils sont en trop grand nombre, il faut malheureusement les éliminer.

Aujourd’hui, nous nous devons d’agir en urgence pour donner une chance aux générations futures de profiter d’océans sains et productifs. C’est l’objectif d’Ocean Quest Global et de Tioman Lovers. Plongeurs et non plongeurs peuvent y participer. Nul besoin d’être scientifique ou biologiste.

Les gouvernements et industriels doivent aussi s’investir dans ces programmes. Peu couteux et avec une vision à long terme, le programme Ocean Quest Global permet d’éduquer les populations locales (pour continuer de profiter des ressources que les récifs coralliens leur donnent) et de restaurer ces trésors de la nature.

Pêche à la dynamite

Tioman Island et les îles environnantes sont déclarées parc marin national depuis le milieu des années 80. Les activités et la pêche y sont contrôlés dans la limite des 2 nautiques (environ 3.8 kilomètres) des côtes. Grâce à cette initiative, la vie sous-marine se développe librement, et Tioman Island est l’un des rares endroits au monde ou le récif coralien se porte de mieux en mieux. Nous, Tiomanlovers, adhérons et participons à cette initiative.

Le Corail : un Animal Extraordinaire

Ils vivent seuls ou en colonies, construisent de véritables villes, avec des formes, des couleurs différentes. Il en existe à toutes les profondeurs de quelques centimètres à 7000 mètres ! On les classe en 4 grandes familles (Le Corallium ou coraux rouges – 25 espèces ; 1300 espèces de coraux durs – Paracorallium ; 235 espèces de coraux noirs – Antipatharia et les Hélioporas).

Individuellement, cet animal est un polype (famille dans laquelle nous trouvons aussi les pieuvres et les méduses !). Rond, leur bouche est entourée de tentacules dotés de cellules urticantes, les nématocystes. Ce sont des armes redoutables, à l’échelle planctonique !

Il y a les coraux durs – corail hermatypique, qui construisent un squelette, et les coraux mous – corail ahermatypique.

Quand on parle corail dur, on doit évoquer son principal associé ! Une algue : la zooxanthelle. Le polype et l’algue ont une relation symbiotique pour réaliser la photosynthèse avec la lumière du soleil. Le corail secrète, par une couche de peau (Calicoblaste) le carbonate de calcium qui constitue son squelette, l’aragonite. L’aragonite se compose de carbonate de calcium, de strontium et de magnésium. L’orifice dans lequel vit le polype s’appelle le Septe. La forme et la dentelure du Septe varie en fonction des espèces.

Les 200 espèces de coraux mous n’ont pas de zooxanthelle. Ce sont les coraux les mieux adaptés et répartis, puisqu’on en trouve même dans les eaux froides des pôles, loin de la lumière du soleil et à des profondeurs importantes.

Tioman Lovers invite ses plongeurs à respecter les règles suivantes : Sous l’eau, je ne laisse que des bulles, je ne prends que des photos, je ne touche que mon équipement. Je ne fume pas en mer et n’y jette rien. Je récolte les déchets trouvés.

Tioman Lovers First Coral Nurseries

C’est avec fierté que Tioman Lovers annonce la création de sa première nurserie de coraux à Tioman Island en Malaisie, utilisant le protocole Ocean Quest Global.

Avant d’en dire plus, nous tenons à remercier Malorie, Grahame, Isabelle, Yvan, Mary, Cécile, Claude, Randy, Victoire, Pierre-Yves, Mawi, Ayman, Macha, Amin, Mamu et bien d’autres encore pour leur travail et leur soutien.

Début octobre, nous avons formé de nouveaux Coral Propagators Ocean Quest. Théorie, pratique, débriefing… les journées ont été chargées. C’est haut la main que nos nouveaux membres ont obtenu leur certification.

Ceci fait, nous avons commencé notre nouvelle nurserie, mais la mousson est arrivée pour stopper notre travail. Au total, c’est 8 m2 soit plus de 100 coraux de 4 espèces différentes qui ont été réimplantés dans la frange corallienne de Tekek Village, devant le Tekek Hut Beach.

Tioman Lovers organise de nouvelles sessions de formations suivies de workshops dès mi-mars 2020. Si vous êtes intéressés, contactez-nous à : info@tiomanlovers.com ou via notre page Facebook : https://www.facebook.com/thetiomanlovers/

 

Les Organismes Invertébrés : 2ème partie, les Nudibranches

Suite de notre publication du 5 juin 2019.

Les invertébrés : ces organismes, assimilables au règne animal, sont partout, dans les océans. Leur variété est immense, des crevettes au coraux, des oursins aux anémones. Statiques ou vivaces, ils sont indispensables à l’équilibre des océans. Ils peuvent être classés en 9 branches principales :

Nudibranche
Posé sur de l’aragonite, ce nudibranche multicolore nage souvent comme une danseuse espagnole.

Les Porifères (éponges), les Cnidaires (Hydrozoaires, Schyphozoaires et Anthozoaires ou coraux), les Vers (Plats : Plathelminthes ou annelés : Polychètes), les Echiuridés (oursins), les Mollusques (chitons, gastéropodes, céphalopodes et bivalves), Bryozoaires, les Arthropodes (crustacés), les Echinodermes (crinoïdes, holothuridés, échinoïdés et Ophiuridés) et enfin les Tuniciers ou ascidies.

Aujourd’hui nous traitons des nudibranches. Ils sont les joyaux des récifs, leur variété est immense. Ils sont classés dans la branche des mollusques (Euthyneura). On les appelle aussi Limaces de Mer.

De tailles et de formes diverses, leurs couleurs sont généralement extraordinaires. Nombre d’espèces s’observent dans les récifs coralliens.

Pourvus d’yeux rudimentaires dans leur épiderme, ces petits animaux carnivores se nourrissent d’éponges, de bryozoaires, d’ascidies, et sont souvent cannibales, engloutissant d’autres espèces de nudibranches.

Hermaphrodites, ils sont porteurs d’un système génital mâle et d’un système génital femelle, mais ne peuvent pas s’auto-féconder. Lors de la reproduction, les deux individus mettent en contact leur organe génital et se transmettent mutuellement des gamètes mâles, en vue de féconder leurs gamètes femelles situées dans une poche particulière. En l’absence de partenaire, il peut y avoir parthénogenèse, c’est-à-dire un développement des œufs sans accouplement, donnant ainsi naissance à de parfaits clones.

La ponte se présente généralement comme un ruban enroulé constitué de petites perles colorées.

Une espèce, le Goniobranchus tinctorius, a la particularité de se séparer de son pénis après avoir copulé pour s’en faire pousser un nouveau en 24h.

Découvrez à Tioman nombre de ces petites merveilles de la nature.

Tioman Island et les îles environnantes sont déclarées parc marin national depuis le milieu des années 80. Les activités et la pêche y sont contrôlés dans la limite des 2 nautiques (environ 3.8 kilomètres) des côtes. Grâce à cette initiative, la vie sous-marine se développe librement, et Tioman Island est l’un des rares endroits au monde ou le récif coralien se porte de mieux en mieux. Nous, Tiomanlovers, adhérons et participons à cette initiative.